Le nouveau disque de Francis Cabrel s'ouvre sur «la Robe et l'Echelle», une chanson mélancolique, écolo, un peu coquine. C'est un chef-d'oeuvre. Le reste de l'album ne dépare pas - dix créations et trois adaptations, le tout arrangé avec un soin méticuleux par Michel Françoise. Preuve est faite que l'illustre homme d'Astaffort progresse, encore et toujours. Trente ans après la sortie de son premier album, notre Dylan du Lot-et-Garonne se préoccupe toujours du sort de ses contemporains et tente d'apaiser leurs maux par l'art. Et la voix familière de Francis Cabrel distribue «Des roses et des orties», accompagnée par une colonie de guitares, de mandolines et d'ukulélés.
N. O. - Dans une autre chanson, on vous retrouve adossé à un «Chêne-Liège». A quoi pensez-vous à ce moment-là ?
F. Cabrel. - J'interroge Dieu. Je ne lui en veux pas, je lui en veux d'autant moins que je ne suis pas certain de croire en lui. Je ne peux jurer de rien, comme ne peuvent jurer de rien les gens qui nous assènent des vérités absolues. Au catéchisme, pendant des années, on m'a asséné tant de vérités prétendument indéboulonnables... Il n'était pas question de douter une seconde de cet enseignement alors que nous n'avons aucune certitude. Dans cette chanson, je me demande si le ciel ne serait pas vide, mais je déplore surtout l'exploitation que certains ont faite des croyants pour monter leur commerce. La religion catholique est la seule à avoir généré cette caste influente et richissime, une sorte d'aristocratie dont l'attitude n'est pas toujours en accord avec la parole du Christ.
Le Nouvel Observateur